Une
entreprise qui investit dans l'art et expose ses acquisitions peut effectuer
des déductions fiscales sur le résultat de
l'exercice d'acquisition et sur les quatres années suivantes.
Les professionnels qui ont acheté des oeuvres originales d'artistes
vivants et les ont inscrits à un compte d'actif
immobilisé, peuvent déduire du résultat de l'année
d'acquisition et des 4 années suivantes, par fractions égales,
une somme
égale au prix d'acquisition dans la limite de 5 pour mille de son
chiffre d'affaires HT.
En contre-partie de cette déduction fiscale, l'entreprise doit présenter
sur 5 ans les oeuvres acquises, au public.
Pour les oeuvres dont le prix d'acquisition est inférieur à
5 000 € HT, le Ministre délégué au Budget admet
que la condition
d'exposition au public soit satisfaite dès lors que l'oeuvre est
exposée dans un lieu « accessible aux clients et/ou aux salariés
de
l’entreprise, à l’exclusion des bureaux personnels ».
• L'article 238 bis AB du code général des impôts,
issu de l'article 7 de la loi du 23 juillet 1987 prévoit que les
entreprises
faisant l'acquisition d'oeuvres originales d'artistes vivants, peuvent déduire
une somme égale au prix d'acquisition des
oeuvres concernées.
• Dans le cas d'achat d'oeuvres d'artistes vivants, l'objectif n'étant
pas d'enrichir les collections publiques, mais de
favoriser la création contemporaine, l'entreprise reste propriétaire
de l'oeuvre.
• Cette déduction qui est pratiquée par fractions égales
pendant cinq ans au titre de l'exercice d'acquisition et des
quatre années suivantes ne peut excéder au titre de chaque
exercice la limite de 5 pour mille du chiffre d'affaires,
minorée du total des déductions mentionnées à
l'article 238 bis AA du CGI, et doit être affectée à
un compte de
réserve spéciale figurant au passif du bilan.
• En cas de changement d'affectation ou de cession de l'oeuvre ou
de prélèvement sur le compte de réserve, les
déductions pratiquées sont immédiatement réintégrées.
• La décision de pratiquer cette déduction relève
de la gestion de l'entreprise et n'est subordonnée à aucune
autorisation
préalable de l'administration.
• L'entreprise qui décide de pratiquer cette déduction
doit joindre à sa déclaration de résultats un document
conforme au
modèle présenté par l'administration.
• L'oeuvre est enregistrée en immobilisation. Une réserve
correspondant aux déductions effectuées crée au passif
du bilan est réintégrable aux bénéfices imposables
si l'oeuvre cesse d'être exposée au public ou est cédée.
• Dans le cas de cession, les excédents éventuels sur
le prix d'acquisition seront assujettis aux régimes des plusvalues
professionnelles, et bénéficieront pour les cessions au-delà
de deux ans de l'imposition à taux réduit.
• La cession de l'oeuvre d'art acquise dans ce cas par une entreprise
est soumise à la TVA à taux réduit. L'article 7 de
la loi du 23 juillet 1987 prévoit également la possibilité
de créer une provision pour dépréciation de l'oeuvre
dans le cas où la dépréciation constatée excéderait
les déductions déjà opérées.
Extrait du Code Général des Impôts
Art 238 bis AB
Acquisition d'oeuvres d'art. Les Sociétés peuvent déduire
de leur résultat imposable de coût d'acquisition d'oeuvres
originales d'artistes vivants inscrites à l'actif immobilisé
à condition qu'elles restent exposées au public. Cette déduction
s'effectue par fractions égales sur les résultats de l'exercice
d'acquisition et les quatres années suivantes pour les oeuvres
achetées à compter du 1.1.2002 (ou des neuf ou dix-neuf
années suivantes pour les autres oeuvres suivant qu'elles ont été
acquises à compter du 1.1.1994 ou avant cette date).
La déduction effectuée au titre de chaque exercice, inscrite
à un compte de réserve spéciale, ne peut excéder
la limite de 5 p.mille du chiffre d'affaires, minorée du total
des autres déductions opérées au titre de mécénat.
Exemple
Une entreprise ayant un CA de 200 000 euros acquiert 6000 euros d'oeuvres
originales d'artistes vivants.
Le plafond de déduction est egal à 200 000 X 5°/oo =1000
euros.
La déduction fiscale: 6000 X 1/5 =1200 euros reste limitée
à 1000 euros (les 200 étant perdus).
Sur un résultat imposable de 10000 euros, l'entreprise déduira
1000 soit 9000 euros soumis à l'impôt.
Le montant porté en réserve sera de 1000 euros.
Le retrait de l’exposition au public, la cession de l’œuvre
ou le prélèvement de la réserve spéciale générera
l'imposition de la réserve.
Enfin, un imprimé spécial de suivi des dépenses de
mécénat est à annexer à la déclaration
de résultat de l'entreprise.
Par ailleurs, les œuvres d'art visées ne sont pas soumises
à la taxe professionnelle (art. 1469 du CGI)
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